FICHE ARTISTIQUE :
David Gale : Kevin Spacey
Bitsey Bloom : Kate Winslet
Constance Harraway : Laura Linney
Zack Stimmons : Gabriel Mann
Berlin : Rhona Mitra
Dusty Wright : Matt Craven
Braxton Belyeu : Leon Rippy
FICHE TECHNIQUE :
Réalisateur : Alan Parker
Producteurs : Alan Parker et Nicolas Cage
Scénariste : Charles Randolph
Directeur de la photographie : Michael Seresin
Musique : Alex et Jake Parker
Film britannique, américain.
Genre : Drame
Durée : 2h 12min.
Année de production : 2002
Titre original : The Life of David Gale
Distribué par United International Pictures (UIP)
Synopsis:
Militant contre la peine capitale au Texas, le docteur David Gale, un professeur d'université, se retrouve à tort condamné à mort pour le viol et le meurtre de l'activiste Constance Harraway. Dans sa cellule, il reçoit Elizabeth Bloom, une journaliste qui mettra tout en oeuvre pour prouver son innocence. Mais y parviendra-t-elle ?
avis perso:
ce film est magique. nulement auparavant j ai ressentis pareil pareil peine et compation. outre le fait que le film se base sur guerre toujours d actualité (la peine de mort), des les premier instemps... nous rentrons dans le film... et n en ressortons... qu a la fin... ac la larme a l oeil pour certain et certaines. Kevin Spacey ainsi que Kate Winslet nous montre a quel point on peut etre cruel envers le monde qui nous entoure a des fin purement politiques. A se demander presque si l'histoire n'est pas basée sur des faits réels..et pourtant, difficile de decrocher, hanté par cette envie de connaitre le denouement, qui jusqu'a la fin ne se devoilera pas, un coup de maitre d'Alan Parker.
NOTES D'Alan Parker, le réalisateur :
Cela fait maintenant une vingtaine d'années que je rédige les notes de production de mes films. Au départ, il s'agissait d'une réaction instinctive à la pratique des distributeurs de livrer à la presse quelques feuilles agrafées, couvertes de dithyrambes inutiles et d'informations collectées à la hâte et rédigées par quelqu'un qui ne s'est même pas rendu sur le plateau. Des amis journalistes m'ont quand même souvent fait remarquer que ces quelques feuillets superficiels sont tout ce que demande un critique –surtout s'il n'aime pas le film ! Ils ne manquent pas de me chambrer lorsque je m'étends sur mes films et trouvent infiniment préférable de disposer d'un générique sans coquille et de recevoir un sac plein de CD, T-shirts, casquettes de baseball et billets d'entrée aux Studios Universal. Et puis, pourquoi ne suffirait-il pas de regarder un film pendant deux heures ? Bien d'accord !
Je n'en persévère pas moins. Avec l'espoir que ce que j'ai écrit ci-dessous soit utile à ceux qui voudraient savoir comment nous avons fait ce film. Et surtout –compte tenu du sujet– pourquoi nous l'avons fait.
LA VIE DE DAVID GALE commença par une grève, ou plutôt par une menace de grève. En septembre 2000, j'étais en train d'écrire un roman lorsque ma coproductrice (et épouse) Lisa Moran me fit gentiment observer que les grèves projetées par la SAG (Guilde des Acteurs) et la Writers Guild (Guilde des Scénaristes) risquaient de m'empêcher de tourner une année entière. Davantage peut-être, car qui pouvait prévoir l'ampleur de ce mouvement censé démarrer en juin 2001 ? Qui plus est, mon appartenance à la Guilde des Scénaristes m'interdirait peut-être aussi d'écrire. Cédant à la frénésie de nombre de mes collègues, je me mis alors à rechercher le sujet –jamais facile à dénicher– et le financement –virtuellement impossible– de ce qu'on appelait alors un film "pré-grève". En bref, il s'agissait de tourner avant que l'épée de Damoclès ne s'abatte sur nos têtes et que les portes des studios ne se referment pour une durée indéterminée.
J'ai lu rapidement dix-huit scripts réputés "hot" et les ai tous détestés. En temps ordinaire, j'ai toujours du mal à choisir parmi les dizaines, voire les centaines, de scénarios qu'on m'adresse chaque année. Un film prend deux ans de votre vie (j'en ai réalisé 14 en 28 ans), et la hâte est mauvaise conseillère. La pression renforçant mon indécision, je demandai à mes agents de Los Angeles de m'envoyer tout ce qu'ils avaient sous la main, même ce qui ne répondait pas tout à fait aux demandes présentes des studios ni, surtout, aux critères débilitants d'un succès commercial.
Lisa fut la première à lire le scénario de Charles Randolph LA VIE DE DAVID GALE. Comme elle, je l'ai dévoré d'une traite, surpris qu'un script aussi bien écrit, aussi palpitant, n'ait pas encore été porté à l'écran. Cette fiction originale possédait une dimension politique à laquelle j'étais sensible, mais c'était aussi un formidable thriller. Le script, commandité par la société de production de Nicolas Cage, était resté dans les tiroirs de Warner Bros. depuis 1998 avant de retourner dans le "circuit". Charles Randolph, originaire du Texas, l'avait écrit alors qu'il enseignait encore la philosophie dans une université viennoise.
J'ai pris l'avion pour L.A. et ai déjeuné avec Nicolas Cage que je connais pour l'avoir dirigé, tout jeune, dans BIRDY, en 1984. Il avait signé comme acteur sur deux films "pré-grève" et voulait, après celle-ci, réaliser lui-même une ½uvre à petit budget. Il m'a donc élégamment passé le relais sur LA VIE DE DAVID GALE.
Stacey Snider, directrice d'Universal avec qui j'ai un contrat de longue durée, lut le scénario en une nuit, m'appela pour me dire qu'elle tenait à le produire et fit le nécessaire pour en obtenir les droits.
Nous sommes tout de suite partis en repérages au Texas, à mes frais, comme toujours, car les studios sont trop malins pour engager des dépenses à ce stade, surtout lorsqu'une grève menace. Je connais bien le Mississipi, l'Alabama et la Louisiane pour y avoir tourné, mais bien que j'eusse souvent visité le Texas, je n'étais jamais passé par Austin, théâtre principal de cette histoire. J'ai également visité l'Unité d'Ellis, à l'Est du Texas, où se situe le Couloir de la Mort de notre film, et "Les Murs" d'Huntsville, où l'État fait procéder à toutes ses exécutions. À l'époque, je n'étais encore qu'un simple observateur, scrutant du dehors les hauts murs de brique rouge qui ont donné son nom à la prison. Plus tard, j'apprendrais à connaître de près ce qui se passe à l'intérieur.
Stacey Snider m'appela à mon retour à Londres pour me dire quelle jugeait plus prudent d'attendre la fin de la grève. Elle pensait en effet que nous aurions des problèmes de casting, du fait que les acteurs se hâtaient, comme tout un chacun, de signer pour un ou deux films avant la date butoir de juin. Elle me fit aussi valoir que les négociations entre studios et syndicats étaient sur la bonne voie et qu'on espérait de plus en plus éviter une grève. Bien que sceptique et pragmatique dans mes relations avec les studios, dont la franchise n'est pas la vertu cardinale, je lui ai donné raison sur la question du casting. Lisa Moran, le producteur délégué David Wimbury, Charles Randolph, les principaux techniciens et moi-même avons donc attendu cinq mois de plus - toujours sans paie - que la situation se débloque. Mais le temps investi dans la préparation d'un film n'est jamais perdu : ce report me donna l'occasion de peaufiner le scénario avec Charles, de rencontrer des acteurs et de reprendre brièvement mon roman.
En mai, le studio dégagea une petite somme qui nous permit de faire des repérages plus approfondis au Texas. Le bureau du nouveau gouverneur, Rick Perry et la Commission Cinéma du Texas nous facilitèrent considérablement l'accès aux autorités pénitentiaires –le Texas Department of Criminal Justice (TDCJ) qui s'avéra, à ma grande surprise, une institution des plus accommodantes. Concernant le Couloir de la Mort et l'administration de la peine capitale, ces gens estiment avoir "un job" à accomplir dans le cadre de la loi texane et vous l'exposent volontiers de la façon la plus transparente et la plus précise. C'est ainsi que leur site Internet (www.tdcj.state.tex.us/sat/deathrow) fournit tous les détails voulus sur leur tâche, du coût d'une exécution (86$06) aux dernières paroles des condamnés, à leur dernier repas, etc. Des éléments dont nous avons tenu compte dans notre script.
PEINE DE MORT : L'ARGUMENTATION POLITIQUE :
Par Alan Parker
Notre film est un thriller. (Il serait hypocrite de le nier : nous sommes tous au fait des exigences commerciales du cinéma contemporain.) C'était déjà en soi une raison suffisante de le faire, mais je serai bien léger de prétendre que ce fut la seule. Je suis, à titre personnel, un adversaire déclaré de la peine de mort, pour divers motifs que j'exposerai ci-dessous. Charles Randolph, notre scénariste, y est également opposé parce qu'il la juge inefficace. Nos acteurs –Kevin, Kate et Laura– ont sur ce sujet des vues divergentes, qui reflètent probablement la grande diversité des opinions actuelles.
Cependant, LA VIE DE DAVID GALE n'est pas une diatribe politique. C'est l'histoire de gens qui adoptent des comportements extrêmes au nom de leurs croyances. Le film s'en trouve donc quelque peu biaisé, mais j'espère néanmoins qu'il suscitera des débats. En attendant, voici comment je comprends les arguments respectifs des partisans et des adversaires de la peine de mort.
Il y a littéralement des milliers de sites Internet d'opposants à la peine capitale (www.deathpenaltyinfo.org), ainsi qu'on peut le constater en visitant l'un des rares sites favorables à celle-ci : www.prodeathpenalty.com.
À l'heure où j'écris, le plus récent sondage américain (Gallup, mai 2002) donne 52% d'opinions favorables à la peine de mort, contre 43% en faveur de la "perpétuité incompressible". Le pourcentage des "pro-death" a crû régulièrement depuis le seuil-plancher historique de 1965, pour atteindre en 1997 une pointe de 61%. Ces chiffres sont encore bien plus élevés lorsqu'on pose la question en excluant la solution "condamnation à vie" (www.gallup.com).
La compassion pour les victimes de crimes violents est un élément central du débat, dans le camp des partisans de la peine de mort comme dans celui de ses adversaires. Un simple coup d'½il au site, très élaboré, du Texas Department of Criminal Justice (www.tdcj.state.tx.us/stat/deathrow) révèle que les crimes pour lesquels ont été condamnés maints résidents du Couloir de la Mort ont de quoi vous glacer le sang. Le plus fervent des "libéraux" ne peut ignorer cette litanie d'atrocités. Si ces hommes sont réellement coupables, ils doivent, sans l'ombre d'un doute, être châtiés. Mais faut-il les mettre à mort ? Sont-ils tous coupables ? Au cours des vingt-cinq dernières années, 102 prisonniers sont sortis des Couloirs de la Mort américains après avoir été innocentés. (Une poignée fut disculpée par l'examen de leur ADN, mais la plupart avaient été victimes de témoins malveillants.)
Le risque d'exécuter à tort un innocent est un argument majeur, sans doute le plus propre à retourner l'opinion publique. D'où son importance dans le film. 90% des sujets sondés par l'Institut Gallup en étaient conscients et certains l'évaluaient à 10%. L'American Bar Association a en outre fréquemment souligné l'appartenance des individus accusés de meurtres aux classes défavorisées. N'ayant pas de quoi se payer un avocat, ils n'ont, dans la grande majorité des cas, aucun représentant légal digne de ce nom.




